Elle était une de ces vieilles femmes aux senteurs d'absinthe,
posée négligemment sur un banc en face de l'église italienne.
Le premier sentiment en voyant ses cheveux ternis par la
dureté de l'hiver ne fut qu'une froide pitié. « S'il vous plaît ?
Avez-vous l'heure ? » Lui demandais-je avec une de ces
politesses habituelles mais calculées. Sa réponse ressembla
à un gélatineux « Yes, yes » bien pauvrement structuré.
« Je ne suis pas anglais madame » lui rétorquai-je avec
une légère antipathie. La sévérité des traits de son front
sec et granuleux, s'accentuaient à la moindre parole que
je pouvais lancée. Son regard vide m'observait avec
toutes les difficultés du monde, m'adressant un sourire
de circonstance gênée. Oubliant que je ne voulais qu'une
information temporelle, celle-ci se mit à jouer une sombre
partie de sa vie. Elle était de la police, elle enchaîna sa
vie dans un hôpital psychiatrique et une peine de c½ur
s'en suivie. Des mots inaudibles de sa bouche ne
purent venir jusqu'à mes oreilles. La tirade finit,
l'actrice alcoolisée dirigea sa main en direction de ses
lèvres gercées et de suite, elle brandit son bras
comme remerciement théâtrale. La chute terminée,
je m'en allais ne sachant toujours pas l'heure et ressassant
le souvenir stéréotypé d'une vieille alcoolique.



# Posté le lundi 05 novembre 2007 15:21

Modifié le dimanche 03 mai 2009 12:08

T'es Bonne. :)

# Posté le mercredi 24 octobre 2007 13:33

Modifié le dimanche 03 mai 2009 12:08

Et gentille.

# Posté le mercredi 24 octobre 2007 13:29

Modifié le dimanche 03 mai 2009 12:08

















La luminosité, surtout, était un déclenchement cérébral important. Elle avait un de ces manteaux que l'on porte à l'arrivée des journées fraîches. Ceux qui accrochent souvent la laine blanche de son ami. Et ce samedi, justement, Elise portait de la laine. Ce manteau en était d'une façon considérablement recouverte. Qu'importe la compensation est ses boutons de grosses tailles noires et scintillants. C'est d'une beauté visuelle assez importante. Dans ce parc, un des arbres malheureux était dépouillé par l'automne. C'était d'un charme des plus appréciable malgré tout. Le soleil fronce sur des couleurs chaudes. Le climat, lui, ne voulait suivre cette douce idée de chaleur. Une chica est posée sur ce deuxième banc. J'aspiré, mais l'eau ne fait que des clapotis trop faibles à mon goût. Mon palais regorge d'une envie de rhubarbe et l'odorat d'herbe exquis du moyen orient. J'avais promis pourtant de cesser, croyant que le craquement des feuilles mortes me ferait oublier. Ma foi, je descend les marches du château, pensant que tout être humain aimant l'automne ne peut être indifférent au parc des remparts.






# Posté le mercredi 03 octobre 2007 14:42

Modifié le dimanche 03 mai 2009 12:08

# Posté le dimanche 23 septembre 2007 14:58

Modifié le dimanche 03 mai 2009 12:09